À PROPOS

Menteuses est une compagnie belge qui oeuvre dans le domaine des arts vivants. Elle s’est créée en 2015 sous l’impulsion de Sarah Devaux et de Célia Casagrande-Pouchet, à la sortie de leur formation au sein l’ESAC (Ecole Supérieure des Arts du Cirque de Bruxelles)  pour porter leur première pièce,  À Nos Fantômes, 2018. La Cie Menteuses, porte aujourd’hui les projets de Sarah Devaux, en collaboration avec La Chouette Diffusion.

Vivien Ghiron©

Ma pratique professionnelle commence par le cirque contemporain, et plus spécifiquement par la pratique de la corde lisse. Aujourd’hui je parle plutôt de pratique de la suspension (terme apporté par Chloé Moglia) et de rapport à la verticalité. J’y cherche autre chose, qui soit en dialogue avec des concepts métaphysiques et philosophiques. Je ne travaille presque plus avec les agrès de cirque, mais avec des objets nécessaires à la pièce et crées spécifiquement pour cette dernière.

Dans ce sens, je poursuis une collaboration très précieuse avec  Mélissa Von Vépy, autour de différents projets, pour approfondir cette recherche autour de la dramaturgie des corps, dans un langage métaphorique et un univers théâtral physique et singulier, où la scénographie fasse sens et puisse ouvrir des nouveaux chemins de recherche de cette verticalité et de cette suspension que demande notre pratique.

Aujourd’hui mon travail devient de plus en plus hybride, et proche du sol. Ma rencontre avec Nadia Vadori-Gauthier est un tournant dans mon parcours. Je me forme à sa méthode de danse et de performance, Corps Sismographe®, en 2023. Dans cette pratique, on danse et on est dansé, créé par les relations, les lieux, les personnes, les circonstances, la météo. Cette rencontre ouvre pour moi un déplacement dans la manière d’envisager le corps, qui devient de plus en plus un corps sans organes, en relation : avec les autres, avec les lieux, avec ce qui l’entoure.

Je consacre aujourd’hui ma recherche et ma pratique artistique à différents médiums que j’appelle physico-poétiques : la question du corps reste centrale et la matière première de ma recherche, mais dans des régimes d’activité plus vastes : un corps physique, théâtral, imaginaire, pensant, immobile, dansant, parlant… J’ai toujours eu dans mon travail un rapport aux mots assez important, que j’ai tenté d’étouffer lors de mes année dans le monde du cirque, où le corps devait se suffire à lui-même. Aujourd’hui je prend le chemin inverse et plonge dans un travail d’écriture qui ouvre le champ de l’auto-fiction, de la pensée et de la poésie, parallèlement à un travail d’images et d’archives personnelles, vidéos ou sonores. Je tente de les mettre en dialogue avec des concepts philosophiques, qui sont souvent pour moi des points de départ pour mettre en marche une dynamique de recherche. Aujourd’hui, la question principale qui me met en recherche, c’est la quête d’un certain rapport au présent, qui implique de risquer quelque chose de soi en temps réel, par la relation, la composition instantanée et l’écriture en direct, et qui puisse s’inscrire dans un dispositif performatif.

De la poésie des chips, résidence juin 2026, Libitum